Garder les animaux des autres contre rémunération est une activité réglementée. Une pension canine ou féline, un service de garde à domicile ou une famille d'accueil professionnelle relèvent tous du Code rural et de la pêche maritime : déclaration d'activité, connaissances certifiées, locaux conformes, registres à tenir, contrat écrit avec le propriétaire.
Et il y a une spécificité forte : vous êtes juridiquement gardien de l'animal pendant tout le séjour. Ce statut engage votre responsabilité et rend la traçabilité du séjour beaucoup plus qu'un confort administratif.
1. Déclarer son activité
Toute activité de garde d'animaux de compagnie d'espèces domestiques exercée à titre commercial doit faire l'objet :
- d'une immatriculation (SIREN) — entreprise individuelle, micro-entreprise, société, peu importe la forme ;
- d'une déclaration préalable d'activité auprès de la DDPP / DDETSPP du département, décrivant les locaux, les espèces accueillies et les capacités d'accueil ;
- d'une assurance responsabilité civile professionnelle.
La déclaration doit être actualisée à chaque changement significatif : déménagement, agrandissement, ajout d'une espèce, changement de responsable.
2. L'ACACED, obligatoire aussi pour la garde
L'ACACED (Attestation de Connaissances pour les Animaux de Compagnie d'Espèces Domestiques) n'est pas réservée aux éleveurs : elle est exigée pour l'activité de garde. Au moins une personne en contact direct avec les animaux doit en être titulaire, pour chaque espèce accueillie (chien, chat, autres animaux de compagnie).
Elle s'obtient après une formation courte auprès d'un organisme habilité, et doit être actualisée tous les 10 ans. Les vétérinaires et titulaires de certains diplômes agricoles en sont dispensés.
3. Les locaux : l'arrêté du 3 avril 2014
C'est le texte central. Il fixe les règles sanitaires et de protection animale des établissements de garde et impose notamment :
- Des surfaces minimales par animal et un espace d'exercice accessible quotidiennement.
- Des zones séparées : hébergement, quarantaine et isolement des animaux malades, stockage des aliments, local de nettoyage.
- Des matériaux lavables et désinfectables (sols, murs, box), une ventilation, une température et un éclairage adaptés.
- Un vétérinaire sanitaire désigné et un règlement sanitaire écrit établi avec lui, décrivant les protocoles de nettoyage, de désinfection, de vaccination exigée et de conduite à tenir en cas de maladie.
- Une visite régulière de la structure par ce vétérinaire, tracée.
- La séparation des espèces et, si nécessaire, des animaux incompatibles entre eux.
Au-delà de 9 chiens sevrés accueillis simultanément, la pension entre dans le champ des installations classées (ICPE, rubrique 2120) : déclaration en préfecture de 10 à 50 chiens, autorisation au-delà. S'y ajoutent des règles d'implantation, de distance aux habitations voisines, de gestion du bruit et des effluents. Le bruit est d'ailleurs la première source de litige de voisinage pour une pension canine : vérifiez aussi le règlement d'urbanisme local et la destination du bâtiment avant d'investir.
4. Les registres obligatoires
Le registre d'entrée et de sortie
Chaque animal accueilli doit y figurer : identification (puce ou tatouage), espèce, race, sexe, âge, coordonnées du propriétaire, dates d'arrivée et de départ. C'est le premier document demandé lors d'un contrôle.
Le registre de suivi sanitaire et de santé
Il consigne les visites du vétérinaire sanitaire, les protocoles appliqués, les traitements administrés pendant les séjours, les incidents sanitaires, les cas de maladie et les mortalités. Il doit être tenu à jour en continu et conservé plusieurs années.
Ces registres peuvent être numériques, à condition d'être immédiatement consultables lors d'un contrôle.
5. Les conditions d'admission des animaux
Deux exigences ne se négocient pas à l'arrivée :
- L'identification : elle est obligatoire pour tout chien de plus de 4 mois et tout chat de plus de 7 mois né après le 1er janvier 2012. Accueillir un animal non identifié vous expose directement.
- Les vaccinations à jour, exigées par votre règlement sanitaire : classiquement CHPPiL et toux de chenil chez le chien, typhus / coryza / leucose chez le chat. Le carnet de santé ou passeport doit être vérifié et sa validité datée à l'admission.
À cela s'ajoute la réglementation propre aux chiens de catégorie 1 et 2 : permis de détention, muselière, assurance spécifique, conditions d'accueil renforcées. Beaucoup de pensions les refusent explicitement dans leurs conditions générales — c'est votre droit, à condition que ce soit écrit.
6. Le contrat de garde : votre meilleure protection
Le contrat écrit n'est pas une formalité : c'est ce qui délimite votre responsabilité. Il devrait systématiquement comporter :
- l'identité complète du propriétaire et un contact d'urgence joignable pendant tout le séjour ;
- l'identification de l'animal, son signalement, ses antécédents médicaux, ses traitements en cours et son alimentation ;
- les dates et heures d'arrivée et de départ, les modalités de retard ou d'abandon ;
- le tarif, les prestations incluses, l'acompte et les conditions d'annulation ;
- une autorisation de soins vétérinaires : le propriétaire vous autorise à faire intervenir un vétérinaire en cas d'urgence, avec un plafond de dépense au-delà duquel vous devez le joindre, et l'engagement de rembourser les frais ;
- les coordonnées du vétérinaire habituel de l'animal ;
- le comportement connu de l'animal (fugueur, réactif, anxiété de séparation) — une information cachée par le propriétaire peut jouer en votre faveur ;
- les conditions relatives au droit à l'image si vous publiez des photos du séjour.
7. Votre responsabilité de gardien
Pendant le séjour, vous devenez le gardien de l'animal au sens du Code civil : vous répondez des dommages qu'il cause à des tiers, et vous êtes tenu d'une obligation de restitution de l'animal dans l'état où vous l'avez reçu. Une fugue, une blessure ou un décès pendant la garde engage votre responsabilité contractuelle, sauf à démontrer une cause étrangère, une faute du propriétaire ou un cas de force majeure.
D'où l'importance de trois réflexes : une assurance RC professionnelle adaptée à la capacité d'accueil, un état des lieux d'entrée et de sortie documenté (photos, poids, observations), et un journal de séjour qui trace ce qui a été fait chaque jour.
Cas particulier fréquent : l'animal non repris à la date prévue. Sans nouvelles du propriétaire, l'animal ne devient pas le vôtre. La procédure passe par une mise en demeure, puis, faute de réponse dans le délai légal, par les services compétents — d'autant plus délicate à mener que le contrat était flou. Un contrat qui prévoit explicitement ce cas vous fait gagner des semaines.
8. Affichage, CGV et obligations commerciales
- Affichage des prix visible et lisible pour le consommateur, TTC.
- Conditions générales de vente remises avant la réservation, mentionnant notamment les modalités de règlement des litiges et le recours à un médiateur de la consommation — obligatoire pour tout professionnel vendant à des particuliers.
- RGPD : vous détenez des données personnelles (coordonnées, adresses, parfois moyens de paiement) et devez informer vos clients de leur usage et de leur durée de conservation.
- Registre d'accessibilité et règles ERP si vous recevez du public dans vos locaux.
9. Facturation et facturation électronique
Chaque séjour facturé à un particulier doit donner lieu à une note ou une facture. Et le calendrier de la facturation électronique s'applique aux pensions comme aux autres entreprises :
- depuis le 1er septembre 2026, toute entreprise assujettie à la TVA doit pouvoir recevoir une facture électronique ;
- l'obligation d'émission concerne les grandes entreprises et ETI dès 2026, puis les PME et TPE en 2027 ;
- les échanges entre professionnels passent par une plateforme agréée (PDP).
Détail du calendrier dans notre guide de la facturation électronique.
Comment Son Espace Pension vous aide à rester en règle
Une pension, c'est des dizaines d'arrivées et de départs par semaine, des carnets de vaccination à vérifier, des traitements à administrer et des propriétaires à rassurer. Son Espace Pension a été conçue exactement pour ça.
- Registre d'entrée et de sortie automatique : chaque séjour enregistré alimente l'historique de la structure — animal, identification, propriétaire, dates d'arrivée et de départ.
- Accès au carnet de santé de l'animal : le propriétaire autorise la pension à consulter la fiche de son animal, vaccins et traitements compris. Vous vérifiez la validité des vaccinations sans déchiffrer un carnet papier.
- Statuts de séjour clairs : demande en attente, confirmé, en cours, clôturé — vous savez à tout moment qui est présent dans vos locaux.
- Journal de séjour : repas, sorties, soins, incidents, photos horodatées. C'est à la fois un service apprécié des propriétaires et votre preuve en cas de contestation.
- Suivi de poids et observations à l'entrée et à la sortie : l'état des lieux de l'animal, daté et incontestable.
- Traitements et rappels : les médicaments à administrer pendant le séjour sont listés et cochés, sans post-it sur le box.
- Page publique de la pension pour recevoir les demandes de réservation en ligne.
- Facturation intégrée, incluant la facturation électronique.
Vos séjours tracés, vos registres à jour
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Cet article présente le cadre réglementaire français à titre informatif et ne constitue pas un conseil juridique. La réglementation évolue et certaines obligations varient selon le département, l'espèce et la capacité d'accueil : rapprochez-vous de votre DDPP, de votre vétérinaire sanitaire ou d'un conseil spécialisé pour votre situation.


